Être une femme, d'origine, et musulmane




Tu es une femme.

Cela est déjà un combat quotidien.

Tout d'abord, tu passes par l'adolescence avec tous les chamboulements qui se passent dans ton corps. Tu apprends à devenir une femme.


Plus tard, tu entames des études supérieures ou tu entres dans la vie active, ensuite tu commences à fonder ta famille. Qu'importe l'enchainement des choses ou la voie empruntée.


Que ce soit dans le milieu professionnel pour se faire entendre et respecter auprès d'hommes (qui la plupart du temps sont plus âgés que toi), que dans ton foyer, ton titre de femme peut en pâtir.


Car on le sait toutes, la femme contribue toujours plus aux tâches quotidiennes étant (souvent) plus pointilleuse que l'homme.

Elle est aussi très axée sur l'éducation des enfants qui la sollicitent beaucoup. Elle passe par d'énormes perturbations et transformations intérieures (règles, grossesse, ménopause…).

La femme se retrouve souvent submerger par son quotidien, c'est ce qu'on appelle la charge mentale.

Pour ma part, je ne connaissais pas réellement cela avant de le vivre (et pourtant je n'ai qu'un enfant). Mais traversant cette phase, sans m'en rendre compte, je suis rentrée dans une bulle où je travaille (un métier assez prenant avec une tranche horaire large), je rentre tard, je m'occupe de bébé, je cuisine et c'est reparti pour le lendemain, sans compter les journées rangement et ménage ainsi que les rendez-vous.

Mon statut a évolué de "la fille de" à "l'épouse de" et "la maman de". Je joue, donc, dans la cour des grands.

A cela, se rajoute une caractéristique qui te définit :


Tu as des origines.

Africaines, asiatiques, maghrébines et autres…

Tu dois en plus de cela faire accepter, que ce soit au travail, à l'école, même en voyage à l'autre bout du monde, qui tu es, ta coutume, tes mœurs et une partie de ton éducation (donnée par les parents originaires du pays). Cela va même jusqu'au physique : faire accepter ton aspect capillaire (cheveux crépus, frisés, bouclés…) ou ta couleur de peau, qui selon les personnes que nous rencontrons ou les endroits que nous fréquentons, peut être mal vu ou peut susciter des questionnements. Et cela, oui, cela existe encore. Tant qu'on ne l'a pas vécu, on ne peut le comprendre. Je parle en connaissance de cause.


Enfin, ce qui finalise la personne que tu es et qui attrait à tes croyances :


Tu es musulmane.

Tu essayes tant bien que mal de respecter les heures de prière et de pratiquer le jeûne. Bien que tu travailles toute la journée, et que tu n'as ni le droit ni l'espace permis pour.

Oui, nous sommes dans un pays laïque. La pratique et les objets religieux ne sont pas autorisés partout. Pour pouvoir pleinement pratiquer, cela reste évidemment plus facile chez soi, à l'abri des regards.

Et je ne parle pas de certains faits divers touchant la communauté musulmane pouvant inciter des personnes à accuser à tord à ou pointer du doigt tout musulman, sans distinction aucune.

Aussi, tu souhaites ou tu portes le voile mais cela est encore vu, pour un certain nombre de personnes, comme un crime contre la femme libre. Or, cela est ton choix, personne ne t'y a influencé et cela est permis dans ta religion. C'est un acte spirituel tout comme les bonnes sœurs portent des robes et se couvrent la tête ou les femmes de religion juive portent des voiles.


Je me dois de rajouter ce point que j’ai remarqué chez un certain nombre de familles musulmanes (n’en faisons pas une généralité) : la pudeur ou la honte de parler de sujets considérés comme tabou voir « sale » selon certains, entrainant un manque d’éducation : la sexualité, la puberté entre autres.

Oui, une femme musulmane ne doit pas avoir de rapports hors mariages, mais l’apprentissage des choses de la vie ne se limite pas à l’école ou ne doit pas être énoncé « à l’approche du mariage ».

Pour toute fille pieuse, savoir ne peut qu’intensifier ses connaissances et lui permettre de rester en retrait des choses considérées comme mal saines dans sa religion.



En bref, le "fardeau" d'être femme, d'origine et musulmane n'en est en réalité pas un (ou pas totalement). C'est la société qui l'a rendu tel.


Développer le complexe et rabaisser la femme en quelque sorte.

Pour que l'essence d'une femme soit florissante, elle nécessite d'être choyer, aider, épauler et nécessite de développer sa confiance en soi.


La charge mentale existera, selon mon humble avis, toujours un peu mais peut être réduite si le reste suit.


De plus, sois fière de qui tu es, ce que tu représentes et ce en quoi tu crois. Développes ta personnalité et la confiance en soi. Tu es unique.


Et surtout ne juges pas l'autre pour ses croyances, son apparence, son éducation, ses valeurs ou sa provenance.


Nous sommes toutes différents et c'est ce qui nous caractérise comme étant "la créature humaine". En y repensant, cela aurait été d'un ennui d'être "TOUTES" pareil. Nous sommes plutôt "TOUTES" exceptionnelles.


Et toi, quel est ton avis à ce sujet ? Comment vois-tu ton titre de femme aujourd'hui dans ta vie ?

La section commentaire est plus bas, je suis ici pour partager, discuter et entendre les avis de toutes :)


Donc n'hésites pas à partager !

Merci à toi :)